Fernand Léger 1881-1955

Fernand Léger naît en 1881, à Argentan, en Normandie. Doué, dès son plus jeune âge pour le dessin, il commence par travailler dans un cabinet d'architecture, avant de venir à Paris intégrer l'Ecole des Arts Décoratifs. Ses premières oeuvres sont marquées par l'Impressionnisme, avant que la découverte du travail de Paul Cézanne ne l'oriente vers le cubisme, juste avant 1910.

En 1907, comme de nombreux peintres parisiens, il est très marqué par la rétrospective consacrée à Cézanne qui oriente définitivement sa peinture. La même année, il découvre le cubisme de Picasso et de Braque.

Léger défie Cézanne dans le Compotier sur la table (1909). Sans doute y inscrit-il déjà sa peur de la grande influence du peintre d’Aix sur lui. Le peintre se fond bientôt dans l’effervescence de la vie artistique parisienne et, dès 1908, travaille aux côtés de Modigliani, Laurens, et surtout Alexander Archipenko. Installé à la Ruche en 1908, il se lie avec Blaise Cendrars, Max Jacob et Guillaume Apollinaire et dialogue, entre autres, avec le peintre Robert Delaunay.

Cette influence se ressent en 1910 dans ces Nus dans la forêt qui feront dire à Guillaume Apollinaire « M. Fernand Léger a encore l’accent le plus inhumain de cette salle. Son art est difficile. » Il les achève après presque deux ans de lutte.

Il peint en 1909 La Couseuse, qui ouvre sa période cubiste. Amas de lignes géométriques logé dans un espace court, la toile est proche des figures massives de Picasso peintes la même année. Pourtant, dès Nu dans la forêt (1909-1910), Léger propose un cubisme personnel, même s’il s’est certainement inspiré de l’œuvre de Picasso portant le même titre.

S’il partage le souci cubiste de créer un réalisme non figuratif, il se distingue des Montmartrois en imposant un cubisme non pas intellectuel mais visuel. Son souci n’est pas, en effet, de figurer la totalité de l’objet, mais de distinguer chaque objet en volume et en plan au sein d’un espace idéal.

En 1918, il illustre le livre de Blaise Cendrars La Fin du monde filmée par l'Ange N.D., conçu comme une suite de plans cinématographiques. Il renoue avec le groupe de la revue Montjoie fondée par Ricciotto Canudo. Il rencontre le cinéaste Jean Epstein, collabore au film d’Abel Gance La Roue et réalise les décors pour le film de Marcel L’Herbier L’Inhumaine.

Après la Première Guerre, les éléments mécaniques, symboles de la modernité, font leur apparition dans ses toiles.

Les années 20 sont une période foisonnante en commandes, rencontres et créations. Illustrant des textes, dont Blaise Cendrars, travaillant pour le cinéma, notamment avec Abel Gance, il découvre, par l'entremise de son marchand Léonce Rosenberg, le travail de Piet Mondrian, et collabore avec Le Corbusier. Sa réflexion, influencée par le cinéma, l'amène à conduire des recherches sur la place de l'objet libérer de tout support, défiant l'apesanteur. L'oeuvre majeure de cette période est "La Joconde aux clés".

Les années 30 sont marquées par une reconnaissance internationale, et l'Université de Yale lui demande de venir faire des conférences sur "l'action de la couleur dans l'architecture". Et c'est tout naturellement qu'il prend le chemin des Etats Unis, dès l'entrée en guerre de 1939. Il y réalisera la célèbre série des "Cyclistes", mais aussi beaucoup de paysages, dans lesquels les machines agricole (encore un symbole de la modernité) sont très présentes.

L'après-guerre est marqué par son travail sur les bas-reliefs polychromes, mais aussi sur les vitraux. Côté peinture, il réalise l'un de ces chefs d'oeuvre "Les Constructeurs".

Au début des années 1950, Fernand Léger participe avec Jean Bazaine et Jean Le Moal à la décoration de l’église du Sacré-Cœur, construite dans un quartier ouvrier d’Audincourt (Doubs), pour laquelle il conçoit les dix-sept vitraux de la nef et du chœur et dessine les cartons de la tapisserie située derrière le maître-autel.

Léger a dirigé plusieurs écoles de peinture, à Montrouge d’abord puis boulevard de Clichy, à Montmartre. Il a été le maître de Neset Günal et a formé de nombreux élèves qui ont diffusé ses idées dans tout l’art du XXe siècle, en France (Pierre Faniest, Étienne Hajdu, Tonia Cariffa, Abner, Carlos, René Margotton…) mais aussi en Scandinavie (Eric Olson, Franciska Clausen, Otto G. Carlsund…), et a notamment donné des cours à l’auteur-compositeur-interprète Serge Gainsbourg.

Les oeuvres de la fin de sa vie, sont liées à une certaine joie de vivre, comme "La Grande Parade" et la série des Parties de campagne. Il meurt en 1955. À Biot (Alpes-Maritimes), le Musée national Fernand Léger, édifié par sa femme, Nadia Léger, et Georges Bauquier, lui est consacré et expose la plus grande collection de ses œuvres.

 

 

 

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